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Je vous laisse découvrir mon blog où vous trouverez les témoignages, anecdotes et coups de gueule d'une presque trentenaire en situation de handicap qui essaie d'attraper les instants de vie au vol ! Écrire me fait du bien et échanger encore plus ! Alors n'hésitez surtout pas à réagir... Mon message est clair: dédramatisons la maladie ou le handicap. Faisons en une force !

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 09:40
Lettre à celle que j'étais à 16 ans.

Chère E. ,


Quand je vois où tu en es aujourd'hui, je me dis que tu en as parcouru du chemin. Pourtant, les choses ne se sont pas toujours bien déroulées par le passé. À l'âge où les autres enfants nageaient en pleine insouciance, toi tu voyais débarquer dans ta vie quelque chose que les autres ne connaissaient pas : la maladie. Tu ne savais pas trop ce qu'il se passait. Tu avais juste mal aux jambes, tu avais de plus en plus de mal à faire du sport comme les autres. Et pis c'est tout.

 

N'empêche que je sais que tu détesteras longtemps ce médecin qui t'a annoncé pour la première fois la maladie. Parce que tu as eu l'impression qu'il avait changé ton destin, comme ça, en quelques secondes. Rien qu'avec quelques phrases prononcées. Cette image, cet instant, ces mots resteront pour toute ta vie dans ta mémoire. Pour ça, tu as été très en colère. Conte lui, contre tout, contre le monde entier. Contre quelque chose que tu ne voyais pas. C'est pas facile de ne pas vraiment savoir contre qui être en colère, je le sais. Rassure-toi, des fois ça m'arrive encore.


Toujours est-il qu'au collège, tu t'es sentie super différente des autres. Pourquoi les autres pouvaient marcher, courir, jouer ensemble sans difficultés ? Alors que toi, tu avais une démarche particulière qui fera que beaucoup de monde se moquera de toi à la sortie de l'école ou dans les couloirs. Mais toi, t'avais rien demandé à personne. Tu voulais juste te fondre dans la masse, parce qu'à cet âge là, c'est deja difficile de savoir qui l'on est. Tu as très vite appris à t'endurcir, à essayer d'encaisser. Je ne vais pas te mentir, tu en verras d'autres. Je veux que tu t'y prépares. Mais je sais que tu es forte et que tu y arriveras.


À cause de tout ça, tu as beaucoup douté. De toi, de la vie. De ce que tu allais devenir. Comment se projeter quand on ne sait pas de quoi sera fait demain ou après demain avec une maladie évolutive ? Pourtant, je sais que malgré tout, tu gardes au fond de ton coeur cet espoir que tu arriveras à réaliser certains de tes rêves... Et tu as bien raison d'y croire, crois-moi. Ne lâche jamais ça. Je te donne un petit indice pour ton avenir : tes rêves te permettront de ne pas craquer dans des périodes de grande difficulté.


En parlant de grande difficulté, tu as vécu une sale période quand tu as vu le fauteuil roulant manuel débarquer dans ta vie. Punaise, les mots ne suffiraient pas à exprimer ce que tu as ressenti. Comment exprimer que tu t'es brisée, effondrée de l'intérieur ? Que tu voyais dans cette étape, un arrêt sur image de ta vie. Que ta vie maintenant s'arrêterait à ce fauteuil. Qu'il te résumerait et te ferait disparaître. Qu'on oublierait que derrière, il y a un être humain. Je vais te dire quelque chose auquel tu dois t'accrocher, de toutes tes forces : ce fauteuil, les gens l'oublieront facilement parce que tu leur donneras envie de te connaître. De connaître la jeune femme pleine de vie, qui fera rire tout le monde. Crois-moi, le fauteuil, c'est pas si grave.


Alors toi, petite brune, j'ai envie de te dire de ne pas t'en faire. Que malgré les épreuves que tu as traversé et traverses encore, la vie t'offrira de jolies surprises. Tu auras ce concours d'entrée tant espéré à l'école d'architecture. Même que je vais te faire une confidence, tu l'auras ton diplôme. Et je peux te dire que rien que pour le sourire que tu avais le jour de la remise des diplômes, tout cela, tous les sacrifices, toute la fatigue, ça valait le coup ! Oh que oui.


Je ne vais pas tout te raconter. Non, il faut que tu affrontes la vie et que tu vives pleinement ce que tu as à vivre. Mais j'ai envie de te dire de croire en toi. De ne jamais perdre ton (fort) caractère, parce ce qu'il t'aidera dans la vie et te permettra de survivre à des choses difficiles. T'inquiète, c'est pas vrai, t'as pas un caractère de cochon. Je te souhaite de rire, sourire, pleurer, te relever. Toujours. Vis tout à fond, du plus fort possible...

 

♥ ♥ ♥

Et vous, que diriez-vous à celle ou celui que vous étiez à l'âge de seize ans ?

 

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commentaires

marie kléber 12/11/2015 14:58

Superbe article. J'avoue que j'oublie complètement le fauteuil quand je te lis (sauf tes articles focalisés sur la maladie bien sûr). Car oui tu es une belle personne et c'est la première chose que l'on voit chez toi, ta générosité, ton humanité, ta gentillesse, ta créativité.
Avec le recul, on voit les choses différemment.

A celle que j'étais à 16 ans, je dirais "ton combat tu l'auras, tu en baveras mais ensuite tu te sentiras légitime pour écouter, conseiller, aider les autres. La vie t'ouvre les bras. L'amour est au coeur de toi, ne l'oublie pas. Les rêves se réalisent quand on s'en donne les moyens. N'abandonne jamais tes idéaux même si les autres les trouvent ringards. Ne t'embête pas du regard des autres, c'est toi qui compte et ce que tu es à l'intérieur."

Douces pensées ma jolie Elodie. Et merci pour ce moment intime et percutant.

mVmHmE 29/11/2015 16:27

Je suis ravie que tu oublies le fauteuil, c'est je crois un des plus beaux compliments que l'on peut me faire :)
Je crois que celle que tu étais à 16 ans serait ravie de lire tes mots et y trouverait beaucoup de force pour affronter la suite !
Je t'embrasse Marie

Edwin Lyoquaim 11/11/2015 19:59

La photographie d'entête d'article est, tout simplement, magnifique et symbolique : elle m'a d'emblée évoqué le premier livre de Patrick Segal " l'homme qui marchait dans sa tête" , ici on pourrait dire " la femme qui restait debout dans sa tête".
La relecture de son passé de galères et de joies est salutaire, mais surtout l'écrire à l'enfant révolté et accablé que nous étions, l'est encore plus, c'est quasiment cathartique car cela nous induit à, positivement, extraire la "substantifique moelle" de notre Vie de personne handicapée, à en dévoiler le fil rouge et la valeur pour les transmettre à ceux, plus jeunes, qui devront en passer par les mêmes galères afin qu'ils ne baissent pas les bras et se fassent respecter.
Et peut-être que ce témoignage philosophique pourra même toucher des gens valides, des personnes dites normales pour les aider dans leurs Vies au-delà de toute compassion.
Je vous suis reconnaissant d'avoir écrit ces lignes et vous encourage à poursuivre sur cette voie épurée.

mVmHmE 29/11/2015 16:26

J'aime beaucoup cette formulation "la femme qui restait debout dans sa tête" :)
Merci pour vous mots adorables, au plaisir de vous retrouver ici. Bonne soirée.

Rénald 10/11/2015 20:24

Une très très belle lettre.... Si, je devais m'écrire, je ne suis pas sûr que je me féliciterais, mais je pense tout de même que ce serait une missive indulgente. J'admire votre courage et votre volonté... Je vous lis régulièrement, sans parfois laisser d'empreinte, mais toujours avec passion.....Bien à vous.

mVmHmE 11/11/2015 17:39

Merci de vos mots Rénald. Il faut toujours faire preuve d'indulgence... À bientôt.

fedora 10/11/2015 12:49

j'aime et je partage ! c'est émouvant et beau <3

mVmHmE 11/11/2015 17:38

Merci Fedora :)