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Je vous laisse découvrir mon blog où vous trouverez les témoignages, anecdotes et coups de gueule d'une presque trentenaire en situation de handicap qui essaie d'attraper les instants de vie au vol ! Écrire me fait du bien et échanger encore plus ! Alors n'hésitez surtout pas à réagir... Mon message est clair: dédramatisons la maladie ou le handicap. Faisons en une force !

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Je fais mon cinéma !

Mardi 8 avril 2014 2 08 /04 /Avr /2014 15:00

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Voilà plusieurs mois que j'attendais la sortie du film « De toutes nos forces ». Le sujet m'avait beaucoup interpelée. C'est l'histoire de Julien, adolescent de dix sept ans, qui est coincé dans un fauteuil roulant. Comme tous les ados, il a des rêves plein la tête mais ne peut pas les réaliser. Son quotidien est très organisé car c'est sa mère, jouée par Alexandra Lamy, qui s'occupe de lui. Son père lui par contre est en déplacement la moitié de l'année et ne s'occupe pas de lui. Les rares fois où il est à la maison, il n'a pas un regard pour son fils, pas un mot. C'est d'ailleurs assez déstabilisant d'assister à ce genre de scène.

 

Julien a un rêve en particulier, celui de courir le triathlon « Ironman » de Nice avec son père. Mais celui-ci refuse catégoriquement. S'aventurant même à lui dire « non, mais tu as vu comment tu es, c'est impossible ! » Cette phrase m'a énormément bousculée. Seulement, lui, il y croit à son rêve. Et il va se donner les moyens de le réaliser. Gonflé à bloc, rempli de détermination, il arrive à convaincre son père que cela serait possible. Bien sûr, il faudra adapter un vélo pour pouvoir l'installer devant le guidon. Mais pour Julien, ce n'est qu'un détail.

 

Mauvais père, mauvais mari, il va être obligé de se remettre en question. De laisser derrière lui ses vieux démons. Il n'a jamais accepté le handicap de son fils. Au point de préférer fuir la majeure partie du temps la maison familiale. Laissant son épouse tout gérer de a à z. Sans relâche. L'insistance de Julien pour courir ce triathlon avec lui va avoir l'effet d'un électrochoc. Il va ouvrir les yeux, prendre conscience du rôle qu'il a à jouer.

 

L'un et l'autre sont amenés à passer beaucoup de temps ensemble pour préparer ce triathlon. Il faut fabriquer le vélo, rouler des heures entières pour améliorer les réglages. Mais il faut surtout apprendre à être en osmose pour que les seize heures de course puissent être réalisables, dans les meilleures conditions possibles. Seize longues heures d'effort, de dépassement de soi. C'est dans ces moments là que le mental est déterminant. Cette course est dangereuse, elle met le corps à rude épreuve. Julien va d'ailleurs être blessé mais ne voudra jamais abandonner. Prêt à supporter les pires douleurs pour atteindre son rêve : passer la ligne d'arrivée.

 

Les scènes pendant la course sont très belles. On y découvre beaucoup de tendresse entre les deux personnages. Beaucoup de sensibilité. Nous sommes témoins de l'histoire d'une famille qui va réapprendre à communiquer. Qui va reprendre plaisir à être ensemble. Cette course est en réalité ce qui va rendre tout cela possible. Elle va apprendre à la mère de Julien que son fils grandit et qu'il faut qu'elle le laisse évoluer, sans elle. Qu'elle ne doit plus avoir peur pour lui. Cette course va faire prendre conscience au père/mari qu'il a sa place dans cette famille.

 

L'acteur Fabien Héraud jouant le rôle de Julien a été une très belle découverte. Il est attachant, très expressif. Lorsque j'y repense, le film ne comporte pas énormément de dialogues. Mais alors, tout se passe à travers les attitudes. Tout est dans les échanges de regard. Jacques Gamblin dans le rôle du père est extrêmement touchant. On est spectateur d'une jolie histoire qui s'installe entre un père et son fils, même si il aura fallu plus de dix sept ans pour que cela se produise. Ils vont partager une vraie complicité. J'ai également beaucoup aimé la sœur de Julien, qui partage un amour sans faille pour son frère. Il y a d'ailleurs une scène très émouvante dans le film lorsqu'elle fait un discours pour son anniversaire.

 

J'ai été très émue tout au long du film. Je trouve qu'on y prend conscience que tous les rêves sont accessibles. Et ce, malgré le handicap. Que tout ce qui compte, c'est d'en avoir envie. D'y croire. À tout prix. Sur le papier, une personne en fauteuil roulant n'est pas censée participer à un triathlon. Mais pourquoi se mettre des barrières ? Un rêve reste un rêve. L'essentiel est de voir cela comme un moteur dans la vie. La vie comme opportunité de se dépasser. De toucher de près la moindre de ses envies, la moindre petite chose qui nous donnera le courage d'affronter toutes les épreuves. En tout cas, c'est ma philosophie. Et ce film m'a gonflé le cœur d'espoir. Il m'a redonné l'envie de ne jamais rien lâcher. De toujours croire en mes rêves.

 

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Si je ne devais retenir qu'une chose, ce serait l'immense sourire

et la joie de Julien lorsqu'il est à pleine vitesse dans la descente sur le vélo.

C'est ça, le rôle d'un rêve !

 

 

Par mVmHmE - Publié dans : Je fais mon cinéma !
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Jeudi 11 juillet 2013 4 11 /07 /Juil /2013 19:35
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Pas moyen de trouver le sommeil cette nuit, j'ai donc décidé, pour faire passer le temps, de louer un film sur l'iPad. Après avoir fait défiler quelques titres de film, mon choix s'arrête sur «  20 ans d'écart », le film de David Moreau avec Virginie Effira et Pierre Niney. J'en avais vaguement entendu parler mais je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. Une fois le film lancé, j'ai été très vite emportée par l'histoire.


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L'histoire justement parlons-en : Alice Lantins a 38 ans. Elle est belle, ambitieuse et fait preuve d’une impeccable conscience professionnelle au point d’en oublier sa vie privée. Bref, elle a tout pour devenir la prochaine rédactrice en chef du magazine « Rebelle », tout sauf son image de femme coincée. Mais lorsque le jeune et charmant Balthazar, à peine 20 ans, va croiser le chemin d’Alice, le regard de ses collègues va inexplicablement changer. Réalisant qu'elle détient la clef de sa promotion, Alice va feindre la comédie d’une improbable idylle.


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J'ai trouvé ce film rafraîchissant et extrêmement drôle et touchant. J'ai beaucoup ri et un peu pleuré, seule dans mon lit à 3h du matin, c'est pour dire. Virginie Effira est troublante, ravissante, d'une beauté que je ne lui connaissais pas particulièrement. Elle est pétillante, drôle et sa présence dans ce film est vraiment déterminante. J'ai également découvert Pierre Niney, un acteur de 24 ans dont je n'avais jamais entendu parler auparavant. Je l'ai trouvé vraiment touchant, vrai. Un jeu simple, sensible. Franchement, c'est une jolie découverte. Sa belle gueule ne gâche rien non plus à l'histoire.

 

Le fait est que cette histoire d'amour entre Alice et Balthazar est tout simplement improbable. Ces deux là ne sont pas du même monde, ne fréquentent pas les mêmes personnes. Elle est rédactrice pour le magazine « Rebelle » et lui est étudiant en architecture. Elle est plutôt coincée, bien organisée dans sa vie. Rien qui dépasse. Lui est plutôt fêtard, pas très mature. Il n'est pas vraiment stable. En dehors de tout ça, ils ont surtout vingt années qui les séparent. Sur le papier, rien de bien évident pour vivre une histoire d'amour. Pourtant, le hasard de la vie fait que leurs chemins vont se croiser et leur faire vivre ensemble des instants délicieux mais aussi de grandes peines. Ils redécouvrent ce qu'est le plaisir de passer du temps ensemble, de rire, s'aimer. Bref, ils vivent une histoire passionnée qui est loin d'être ennuyeuse et prévisible.

 

 

Le scénario peut sembler vu et revu. Mais je trouve, malgré tout, que tout cela fonctionne à merveille, on passe du rire aux larmes. Et surtout, on s'attache énormément aux personnages. J'ai adoré ce film qui a rendu mon insomnie plus douce et m'a permis de me vider la tête le temps de deux heures. Le jeu des deux acteurs m'a vraiment beaucoup émue.

 

En conclusion, je vous le conseille vraiment si vous souhaitez passer un moment tout en légèreté et avoir le plaisir de rire face à des scènes plus que farfelues et improbables. Mais quoi qu'il arrive, une très jolie histoire d'amour...

 

Par mVmHmE - Publié dans : Je fais mon cinéma !
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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 20:30
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Ces derniers jours, j'avais besoin de me changer les idées, de bouger, de sortir, de bruit. Bref, de fuir cette solitude et ce silence qui avaient pris trop de place depuis deux semaines dans ma vie... J'avais donc prévu d'aller au ciné mardi dernier, le soir en amoureux à quelques kilometres de chez moi. Impatiente toute la journée de cette sortie à venir, comme une gosse. Et puis, un coup de fil de mon homme une heure avant pour me dire que j'allais être déçue, que la batterie de la voiture était morte et que c'était donc compromis pour le ciné... Effectivement, il ne s'est pas trompé, j'étais trop dégoutée ! Je ne me laisse pas abattre et propose qu'on se retrouve à pied à mon bureau pour partir en ville tranquillement et profiter de températures plus douces... Et puis, tout à coup, une évidence: qu'à cela ne tienne, on ira au ciné en centre ville même si il est moins bien que l'autre (certaines salles ne sont pas accessibles en fauteuil). Me voilà remotivée à cette idée, je retrouve mon homme toute joyeuse et impatiente d'arriver.

Une fois arrivés dans les rues piétonnes, nous allons de suite voir si la salle pour le film est accessible et prenons nos billets. Chrono lancé, il nous reste une heure pour aller dîner... Hop, petit resto en amoureux, rapidement. Et l'affaire est dans le sac ! Direction le ciné pour aller voir le film.

Le film dont je vous parle et que je tenais absolument à voir très vite, c'est 'De rouille et d'os'. J'ai vu sa bande annonce, il y a des semaines de cela et depuis je brûlais d'impatience de le voir.
20h15, les lumières s'éteignent, la musique commence, les images du début du film défilent...

Pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, 'De rouille et d'os', c'est un film franco-belge de Jacques Audiard sorti le 17 mai 2012.


Synopsis:

Ça commence dans le nord. Ali (interprété par Matthias Schoenaerts) se retrouve avec Sam, cinq ans, dans les bras. C'est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c'est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son petit pavillon, elle s'occupe du petit. A la suite d'une bagarre dans une boite de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Stéphanie (interprétée par Marion Cotillard) est dresseuse d'orques à Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu'un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu l'usage de ses jambes et pas mal d'illusions. Il va l'aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.

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Ce que j'en ai pensé:

Ce qui est certain, c'est que ce film ne laisse pas indifférent. Dès les premières minutes, nous sommes absorbés par l'atmosphère. Une certaine douceur et comme des images un peu ralenties qui créent cette ambiance si particulière. La première partie du film nous présente le portrait de deux personnages complétement différents, je dirai même à l'opposé. D'un côté, Ali, cet homme très grand, un monstre de muscles. Réservé et brut de décoffrage. Résolument indépendant avec un côté 'je n'ai besoin de personne !'. En parallèle, il y a cette femme, Stéphanie. Elle est belle, elle plait et elle le sait. Une fois un homme pris dans ses filets, elle se lasse très vite. A priori ces deux destins ne sont pas faits pour se croiser. Jusqu'à l'accident. Ce fameux accident qui va faire basculer tout le film. Black out après lequel on découvre une Marion Cotillard (Stéphanie) métamorphosée. Cette scène où elle découvre à son réveil qu'elle est en fauteuil roulant m'a beaucoup émue. Bouleversante. Elle apparaît le visage au naturel, très peu maquillée. Touchante et troublante. De ce visage ressort une grande détresse. Sa vie a basculé et elle n'a pas encore idée de ce qui l'attend. Son chemin vers l'acceptation de ce nouveau corps va être long et chaotique. Mais après le coup de fil passé à Ali, les choses vont prendre une toute autre tournure. Il entre dans sa vie dans ce moment si particulier pour elle, avec un corps qu'elle ne comprend plus. Lui, la traite comme n'importe qui, ne fait pas de différence. Pas de pitié. Il ne la surprotège pas. Ça me plait beaucoup. Trop de gens ont tendance à penser que, parce que nous somme malades ou handicapés, il faut nous prendre avec des pincettes ou nous épargner. C'est faux. Rien ne me fait me sentir plus vivante que quelqu'un qui va me traiter comme tout le monde, sans différence. Pas de pitié, merci. Ali a cette force qui est de la tirer vers le haut, lui faire aimer à nouveau la vie. Lui redonner envie de sortir de chez elle. De se montrer au monde que Stéphanie a cherché à fuir les semaines précédentes. J'ai aimé cette scène où, en bord de mer, il lui propose d'aller se baigner et qu'après un long silence réfléchi, elle lui dit 'tu te rends compte de ce que tu dis ?' Comme si cette proposition était complètement déplacée. Après une très longue attente et réflexion, elle se décide finalement pour la baignade. Cette scène où elle est dans l'eau est magique. Son visage rayonne de joie. Comme une nouvelle liberté retrouvée. C'est à partir de là qu'elle choisit de 'vivre' selon moi. Ayant pris conscience que c'est possible. Malgré tout. Ali ne la voit tellement pas comme une personne différente qu'il va jusqu'à prouver à Stéphanie qu'elle est encore désirable et finit souvent dans son lit. Cependant, elle n'est pas la seule femme dans sa vie. Sans être en couple, il papillonne à droite à gauche. Il est comme ça, sans attache, Brutal. Parfois même violent. Même son rapport avec son petit garçon est compliqué car il ne sait pas s'y prendre. Elle et lui passent pas mal de temps ensemble. Elle semble fascinée par cet homme, allant même jusqu'à l'accompagner à des combats très brutaux et interdits par la loi. Avec elle, il est capable d'une grande tendresse. Mais qui disparaît aussitôt qu'il s'éloigne d'elle. Ces deux là sont connectés. La vie glisse sur eux. Un évènement va faire qu'Ali va quitter la région sans prévenir qui que ce soit, pas même Stéphanie. Un drame va à nouveau les rapprocher des mois plus tard. Je ne vous en dirai pas plus. Je vous dirai simplement que je trouve que ce film expose à merveille des instants de vie, remplis de sincérité et de vérité. Il est très sensible, plein d'émotions. Je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par cette aventure cinématographique. Je ne serais d'ailleurs pas surprise que Marion Cotillard soit récompensée pour ce rôle tellement elle en paraît imprégnée. Affaire à suivre donc...

Ce que j'ai adoré de cette soirée:

Passer une soirée à deux, en amoureux. S'improviser la soirée malgré un imprévu de dernière minute qui aurait pu tout foutre en l'air. Profiter d'instants simples et légers. Se dire que la vie est délicieuse parfois, que cela tient à peu de choses. Dîner sur le pouce mais apprécier le repas. Se laisser imprégner par la magie que peut avoir le noir complet d'une salle de cinéma. Observer et vivre les mêmes réactions que le public face à ce qu'on voit à l'écran. Rentrer à pied du centre ville après le film, profitant encore de la chaleur restante de la journée. Refaire le monde, débriefer le film sur la demie heure de chemin jusqu'à l'appart. Partager les instants qui nous ont le plus marqués dans le film. Ne pas s'empêcher de faire le parallèle avec notre vécu, notre vie avec la maladie. Sourire. S'aimer. Rire. Etre encore imprégnés du film bouleversant des heures durant. Bref, vivre. Cela n'a pas de prix...
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 14:30
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Synopsis:

Ce film retrace l'histoire de trois jeunes Flamands d'une vingtaine d'années. L'un est quasi aveugle, le deuxième n'a plus l'usage de ses jambes à cause d'une tumeur et est confiné sur une chaise roulante, et le troisième est complètement paralysé. Ce sont les meilleurs copains du monde, soudés notamment par leur amour pour le vin et les femmes. Le vin, ça va, ils alignent les séances de dégustation. Mais pour les femmes, ils se contentent de fantasmer: tous les trois sont vierges, en raison principalement de leur handicap.
Aussi quand ils apprennent qu'un bordel, en Espagne, accepte les handicapés, ils se disent que le droit au sexe, c'est aussi pour eux. Ils décident alors de faire le voyage. Mais sans prévenir leurs familles, parents ou proches: ils se débrouillent pour trouver une aide-soignante qui, à bord d'un minibus, veut bien les amener là-bas...
C'est là que leur aventure va pouvoir commencer !

 

 

Ce que j'en ai pensé:

Dès les premières images du film, je suis interpellée. Ces trois jeunes hommes handicapés ont une vie qui ne fait pas nécessairement rêver. En effet, chacun d'eux est à la charge de ses parents depuis toujours: pour se laver, s'habiller, se coucher, se déplacer, manger... Tout cela, c'est leur mère qui en a la charge. Pourtant, leur amitié les sauve d'une certaine manière de ce quotidien pesant. Mais cela n'empêche pas la solitude une fois rentrés chez eux...

Un des trois va être à l'initiative d'une idée folle pour palier à un de leur souci: le manque d'expérience sexuelle. Le handicap ne leur a pas permis de connaitre cela. Et donc l'un deux entend parler de ce bordel spécialisé en Espagne. Ni une ni deux, il veut y aller et compte bien emmener ces potes avec lui. À partir de là, ils doivent mettre en place tout un scénario, j'irai même jusqu'à dire leur 'alibi' pour pouvoir faire ce voyage sans dévoiler la réelle destination à leurs parents qui n'ont pas l'habitude de les laisser seuls et encore moins pour partir en vacances. Ils vont donc prétexter un voyage en France sur la route des vins. Les parents finissent par accepter à condition qu'il y ait un infirmier qui les accompagne pour les rassurer. Ils réservent un véhicule adapté où ils pourront tous rentrer, la date est fixée, l'infirmier sera du voyage... Sauf que tout cela paraissait trop beau. Celui atteint par une tumeur est de plus en plus malade et sait la fin approcher. Tout est sur le point de tomber à l'eau, le voyage, le bordel, la vie !

Heureusement, après réflexion, ils décident d'effectuer ce voyage envers et contre tout, comme pour lui offrir le voyage de sa vie avant qu'il ne soit trop tard. Par contre, le véhicule et l'infirmier prévus ne sont plus disponibles et on leur recommande une autre personne disposant d'un véhicule. Tous ces échanges se font par mail. Le jour du départ, après avoir fait leur sac en cachette, avoir quitté la maison familiale sans même mettre leurs parents au courant, ils sont sur le lieu de rendez-vous tous les trois, impatients de partir mais quelque peu angoissés malgré tout. La camionnette arrive, pas en très bon état et le conducteur descend pour les accueillir. Petit problème: Claude est en réalité... une femme. Tant pis, ils montent à bord, fous de joie de ce périple qui les attend de la Belgique jusqu'à l'Espagne. Mais ils restent sceptiques face à  la présence imprévue de cette femme, qui parle français avec qui ils auront un peu de mal à communiquer dans leur langue flamande.

Leur voyage est donc fait d'étapes chaque soir dans un lieu différent. La première nuit, ils s'arretent dans un hotel. C'est une des scenes du film qui m'a le plus bouleversée. Chacun a sa chambre, Claude propose de leur donner un coup de main sauf qu'ils refusent énergiquement, disant qu'ils vont se débrouiller, qu'il n'y aura pas de problème. Cela aurait été trop beau car en réalité cette première nuit va s'avérer être un vrai fiasco. L'un deux n'arrive pas à se changer et appelle son ami aveugle pour l'aider sauf qu'entre temps le troisième est tombé de son fauteuil et appelle à l'aide dans le même temps. Le deuxième souhaitant bien faire court dans tous les sens et fait tomber sa carte de chambre et ne la retrouve pas vu qu'il ne voit rien... Bref, ils finissent la nuit à trois dans la même chambre. Cette scène est révélatrice de la fierté que toute personne handicapée a en voulant se débrouiller par soi-même. Ne pas compter sur les autres. Sauf que malheureusement, la volonté ne suffit pas et ça, ça fait mal.

La suite du voyage est ponctuée de scènes de joie, de tristesse, de disputes, de déception... tout cela avec une Claude de plus en plus intégrée et qui cherche à les soulager et les aider.
La deuxième partie du film nous fait passer du rire au larmes, j'ai été extrêmement touchée par ces scènes criantes de vérité, de sensibilité et de réalité du handicap qui nous rattrape parfois. Plusieurs heures après la vision du film, j'étais encore émue de ce que j'avais pu voir et ressentir. Voir le combat de ces trois jeunes hommes malades pour vivre comme tout le monde m'a fait couler des larmes.

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller de visionner ce film. Alors, bien sûr, certaines images ne sont pas évidentes et pourraient être considérées comme plutôt dérangeantes. Le handicap affronté de face peut déranger certaines personnes. Moi, au contraire, j'ai adoré que ces images soient vraies et proches d'une réalité. Donc, touchant et beau. A voir, sans faute !
Par mVmHmE - Publié dans : Je fais mon cinéma !
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