Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelques mots me concernant ...

 

tresse-co-te-.jpg

Je vous laisse découvrir mon blog où vous trouverez les témoignages, anecdotes et coups de gueule d'une presque trentenaire en situation de handicap qui essaie d'attraper les instants de vie au vol ! Écrire me fait du bien et échanger encore plus ! Alors n'hésitez surtout pas à réagir... Mon message est clair: dédramatisons la maladie ou le handicap. Faisons en une force !

Pour me contacter :

Suivez moi aussi ici :

logo facebookFacebook6.jpg

logo hellocotonHellocoton4.jpg

logo twitterTwitter3

 

Logo du blog :

logoelodiefinished noir

27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:32
La solitude face à certaines situations.

Vous allez penser que mes sujets tournent un peu en rond sur le blog ces derniers temps, mais le principe c'est quand même d'aborder ici en particulier les choses que je traverse dans ma vie. Les bonnes, comme les mauvaises. Il s'avère qu'en ce moment, même si je m'accroche aux petites choses positives, globalement ce n'est pas la grande joie dans ma vie. Et je crois qu'en parler, partager mon expérience sur ces sujets difficiles peut m'aider et pourrait aussi et surtout en aider d'autres. Parce que se dire qu'on n'est pas les seuls à vivre telle ou telle chose fait du bien.

 

Pour connaître le début du pourquoi du comment, vous pouvez jeter un coup d'œil à mon dernier article où j'aborde les difficultés de la dépendance. Mon article d'aujourd'hui est lié de très près à cette notion : je vais tenter de vous expliquer avec mes mots l'extrême solitude que l'on peut ressentir face aux épreuves qu'engendre le fait d'être dépendant d'une tierce personne. Et surtout quand cela se passe mal. Voire très mal.

 

Je me rends compte qu'en ce moment, je me sens très seule face à tout ce que je traverse. Une extrême solitude, douloureuse. Pourtant, je ne suis pas seule. Mes proches, mon homme, ma famille savent globalement ce que je traverse et sont là pour moi. Les personnes qui me suivent sur les réseaux me soutiennent également. Et ça me fait drôlement chaud au cœur. Mais je me rends compte que cela reste quand même en surface. Malgré la bonne volonté de chacun. C'est un fait : je crois que par moment je suis la seule à pouvoir réellement comprendre ce que je ressens au plus profond de mon être et de mon cœur.

 

Très concrètement, par exemple, en ce moment je traverse de grosses difficultés dans le recrutement de deux nouvelles auxiliaires de vie. Voilà plus d'un mois et demi que je fais passer des entretiens. Je suis bien à une douzaine pour le moment. Ces entretiens sont très fatiguant pour moi puisqu'au delà de l'échange verbal, il est question de voir si la personne sait me porter pour effectuer les prestations. Généralement, on essaie cinq-six-sept-huit fois et plus. C'est super difficile. Je m'investis beaucoup dans cette recherche. Et au final, j'accumule une extrême fatigue. Mais je sais que c'est le prix à payer.

 

Le souci, c'est que trop des personnes que je reçois en entretien ne prennent pas conscience de l'impact physique et psychologique que cela a sur moi. Elles prennent ça à la légère. Je m'investis à 300% et paie le prix fort. Elles, elles prennent le droit de me laisser m'épuiser à leur montrer, à les former pour au final se désister sans donner d'explication particulière, alors que tout c'était bien passé et qu'elles étaient partantes pour le poste. C'est ce qu'il s'est passé ce week-end. Une personne s'était engagée à commencer, elle était planifiée cette semaine et puis n'ayant pas de nouvelles, j'envoie un message pour savoir si elle vient comme prévu. Sa réponse : "non". Ni plus, ni moins. Voilà ce que je mérite. Un simple et brutal "non" qui remet plein de choses en questions. Là où je pensais être enfin libérée de ce recrutement difficile et pouvoir me projeter dans un avenir plus calme et serein, je suis retombée de haut. De très haut, même.

 

Je me sens très seule face à cela. Ëtre obligée de me perdre à ce point en chemin parce que j'ai besoin d'aide au quotidien. Que je n'ai pas la choix. Et que les choses sont compliquées, que le système lui-même est compliqué. C’est extrêmement difficile. Les auxiliaires de vie me paraissent incohérentes aussi. Elles réclament à leur employeur des heures en plus, tu leur en donnes et elles ne se donnent pas les moyens de les réaliser. Ça me dépasse complètement. On marche sur la tête quasiment. Bosser mais sans effort, sans investissement. On va où là ? Tout ça pour dire que j'ai l'impression d'être prise dans une tornade où je suis secouée dans tous les sens. Et que personnes n'arrive à comprendre réellement l'état physique et psychologique dans lequel je me trouve en ce moment. Parce que déjà, je suis la seule à vivre dans mon corps. La seule à ressentir cette fatigue si particulière. Si envahissante. Cet espèce de découragement général qui semble m'envahir. Je me sens vidée. Vide de toute énergie ou de toute volonté.

 

Pourtant, je dois continuer à me battre coûte que coûte. Parce que c'est la vie, que je n'ai pas le choix. Et que c'est le prix à payer pour ma sécurité et mon bien être. Qu'il faut que je sois forte, encore un peu. Le temps que le vent baisse et que la tornade ne soit qu'un mauvais souvenir. Alors, quand on me demandera si ça va mieux avec les auxiliaires de vie, je continuerai simplement de répondre "presque" ou "c'est compliqué" parce que malheureusement les gens peuvent difficilement en entendre ou en comprendre davantage. Et ce n'est vraiment pas de leur faute, ils font bien ce qu'ils peuvent pour me soutenir. Chacun à leur manière et de ça, je les remercie de tout cœur. Pour autant, je continuerai de ressentir cette extrême solitude que la dépendance et ses grandes complications engendrent sur ma vie. Et sur moi, en particulier...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Vanillon 31/01/2017 12:39

Bonjour ! Ces mots, j'aurais pu les écrire... Souffrance et combat de chaque instant. L'éternelle indifférence de tout un chacun est clivée par l'égoïsme qui obnubile la vie de tous. A tel point que se réfugier sur quelques beautés de la nature renvoie le véritables valeurs que nous donnent le spectacle des beautés qui nous entourent. Courage. Comme je comprends !Cordialement. Vanillon

mVmHmE 17/03/2017 15:09

Merci pour votre message, bon courage à vous également !

Newiger 12/06/2015 01:10

Je comprends et je prie pour vous Elodie, ce que vous devez ressentir est terrible.

Peut-être que je peux vous rejoindre dans la souffrance qu'implique cette solitude, ces abandons c'est la maladie et le handicap qui crée cette souffrance. On ne vit pas les mêmes réalités. Pour celui qui veut vous aider, vous servir c'est juste un travail d'où le ressenti douloureux quand l'autre ne répond pas à votre attente. Souvent la personne ne peut pas ! elle ne vit pas ce que vous vivez. Il y a un décalage grand décalage entre votre réalité et la sienne. Il faut que vous arriviez à vous détacher de tout ce qui ne va pas comme vous le voulez pour moins souffrir. Lâcher prise sur ce que l'autre est et peut vous apporter. Il faut vous détacher de toutes vos attentes et vivre dans la reconnaissance c'est un chemin plein de douceur et de paix. Dans un autre état de conscience qui vous maintien dans la lumière et l'amour malgré les tracas de ce monde. Dieu peut vous combler et je vous invite à lire un très beau livre qui m'a beaucoup aidée quand à 17 ans j'ai fait une année d'hôpital pour une maladie de hodgkin, le cancer des ganglions. Una année sans pourvoir manger et sous perfusion ce qui m'a permis de supporter c'est le détachement et ce livre s'appelle, le livre d'Annaelle. Je vous invite à le lire c'est de toute beauté il nous permet d'atteindre un autre état de conscience qui aide à relativisé les réalités trop dur et trop concrète pour auxquels vous devez faire face et qui vous font tant souffrir.
Je prie pour que vos forces soient renouvelées jour après jour.
Vous ne comprenez pas que Dieu vous aime tout particulièrement et que cette épreuve vous apportera le vrai bonheur. C'est sûr.

lightdys 05/05/2015 15:24

Non, ne t'inquiète pas, on trouve pas que tu tournes en rond. On comprend (les passages à vide, ça arrive!) et on est tous avec toi!

mVmHmE 15/05/2015 10:39

Merci ! :)

Tonton Kiné 30/04/2015 19:44

Salut Princesse,
je rédige actuellement le chapitre sur les Professionnels de Santé.
Ta situation est l'illustration même de cette gangrène qui a colonisé le monde auquel j'appartiens, les soignants en général.
Seul, bien seul, je suis !( Tu as vu, je parle comme Yoda dans la Guerre des Etoiles ! Si tu n'as pas la référence cinématographique, pas grave !). L'amour de pratiquer ces métiers sacralisés a presque disparu !
Difficile de croiser des gens passionnés qui vivent et exercent avec les tripes ! Chers Amis, vous vivez en direct l'extinction de dinosaures, et cela pour laisser place à des personnes qui vont au boulot en cherchant à trouver le moyen d'échapper aux contraintes que ce job impose. Mais Messieurs-Dames, ce job, cela doit être votre deuxième épouse ! Contraintes, exigences, amour de la relation humaine et de donner sans limite, tout cela ne peut s'accepter que si on aime le faire naturellement !
Elodie, je crois avoir laisser quelques traces médiatiques qui prouvent que je suis un de cela, mes patients disent que je suis unique, pourtant ils en ont vu des professionnels, cela me flatte et malgré tout me rend fou de douleur car si je suis unique c'est que les autres sont quasi-nuls !
Même si je ne suis pas croyant, permets moi de dire: "Mon Dieu, où va-t-on ?".
Réponse: Droit dans le mur ! Et le pire, tout le monde s'en fout !!!
P..... de société à la C..! Désolé pour ces mots si crus, mais il fallait que ça sorte !
P..... que ça fait du bien !
Le Fabuleux Gladiateur et Grand Fan de tes humeurs te salue, ô Céleste Joyau !

Amicalement, Jean-Luc.

PS: Mon livre a pris du retard pour raisons de santé+ comptabilité + tracasseries administratives pour Thomas, tout cela m'a mis en panne sèche d'inspiration + manque de temps, mais c'est reparti, et plus corrosif que jamais !

mVmHmE 15/05/2015 10:37

Je te rejoins complètement sur le fait que ces personnes veulent faire ce boulot mais en occultant complètement les contraintes que cela peut représenter... et c'est extrêmement dommageable. Aider quelqu'un de dépendant ou malade ne se fait pas pendant les horaires "de bureau". C'est du 24h/24 et 7j/7, la maladie ne disparait pas les weekends et jours fériés (nous en serions les premiers heureux !). C'est vrai que ce métier n'est désormais plus fait par passion mais plutôt par facilité ou dépit...

Catherine 28/04/2015 13:31

Bonjour, on ne se connait pas, j'ai lu votre tweet et, en tant qu'aidante de mon mari totalement dépendant (SEP depuis 39 ans), j'ai été touchée par votre billet de blog. Je suis fatiguée mais valide et le désespoir de mon mari est extrêmement difficile à vivre. Comme vous, il a testé des aides extérieures pour me soulager et, comme vous, il a été déçu.
Mais que dire de ma colère ? Qui sont ces personnes qui sont envoyées par des organismes incompétents ?? Des horaires non respectées, des absences imprévues, un "je-m'en-foutisme" professionnel au-delà de l'inimaginable (toilette bâclée entre autres)
Nous sommes dans un bourg rural, autant dire que le choix n'existe pas ; très peu de personnel disponible et des infirmières surbookées par les soins.
Alors, tout repose sur la famille qui fait ce qu'elle peut.
Je voulais que mon mari reste à la maison mais ma santé va m'obliger à le confier à une maison médicalisée ... Je suis découragée.

mVmHmE 15/05/2015 10:32

Merci beaucoup pour votre témoignage Catherine. J'imagine combien cela doit être difficile pour vous cette situation. En plus, en étant à la campagne, cela doit être d'autant plus compliqué que moi qui suis en ville. Cette démobilisation générale de cette profession est incompréhensible, c'est vrai. On perd l'espoir de trouver des personnes compétentes et volontaires qui font ce métier par passion et réelle prise en compte de l'humain. Je vous souhaite bon courage pour l'avenir.

Tonton Kiné 02/05/2015 19:26

Chère Catherine,
Je comprends votre épuisement et votre découragement. Sociétés d'aide à la personne incompétentes, professionnels de Santé sans aucune compassion, je connais trop bien le problème. Et ça n'ira pas en s'arrangeant ! L'écoute du patient n'existe presque plus et avec le chômage grandissant bon nombre de chômeurs se précipitent vers le service à la personne juste pour toucher un salaire, mais cela ne s'improvise pas ! Sans aucune conviction, s'orienter vers ce type de profession c'est aller droit vers la catastrophe ( pour le patient, évidemment)!
Ah, les maisons médicalisées, je vais vous offrir un scoop, un court extrait de mon livre qui n'est pas fini: " Toutes ces maisons médicalisées vous promettent la lune, rares sont celles qui se donnent les moyens de vous la décrocher, toutes les autres se contentent de vous ouvrir les volets et vous suggèrent simplement de la contempler par la fenêtre !". Tout est dit, avec humour et poésie mais aussi avec une cruelle réalité ! Soyez vigilante, exigez une prise en charge de votre mari à la hauteur de leurs promesses, quitte à saisir L'ARS (agence régionale de la santé qui représente la Sécu au niveau départemental) et qui subventionne généreusement ces établissements. En général cela suffit pour corriger le tir, on s'occupera plus de votre mari mais au détriment des autres résidents car personnel en sous effectif pour que ce soit plus rentable !
Bien cordialement
Un professionnel qui connait parfaitement ce sujet.
Jean -Luc

olivier 28/04/2015 00:50

meme si je ne vis pas cella à ta place je ressens certaines fois une telle solitude surtout dans la difficulté de dire ce que l'on ressent meme à sa famille ou ses amis ... Dans mon cas ils me voient souvent plus fort que je ne suis ( peut etre est ce du à l'image que j'ai toujours donné (involontairement ..,?) Ce que j'admire chez toi c'est le fait que tu ais eu la volonté de raconter cela .. C'est bien pour nous tous tes lecteurs je pense . Je te souhaite bon courage et à bientôt

mVmHmE 28/04/2015 11:06

Je vois très bien ce que tu veux dire sur le fait qu'on nous croit plus fort qu'on ne l'est vraiment... Souvent, je me dis que je préfère cela, plutôt qu'on me considère comme quelqu'un de fragile. Sauf que tout cela est épuisant. Je suis convaincue qu'en parler est une étape importante et puis si cela peut aider ne serait-ce qu'une personne, j'en suis ravie ! Merci de tes encouragements Olivier, ça me fait chaud au coeur :)

ptitedelph 27/04/2015 18:41

on se sent souvent seules face à nos différentes situations oui... ce vide dont tu parles, je le ressens en moi depuis des mois pour des raisons différentes, mais où la santé et les problèmes physiques sont malgré tout au coeur aussi. Je leur foutrais bien des baffes à tes pseudos auxiliaires de vie qui ne savent pas où elles habitent ! Quand il faut répéter les choses, essayer d'expliquer au mieux et qu'en face on t'envoie un vent finalement, il y a de quoi perdre la boule et vu leur métier, je ne sais pas, elles devraient se rendre compte des conséquences que ce genre d'actes peuvent avoir sur toi ?! pff... tu as raison, elles demandent à faire plus d'heures et quand elles en ont, soit elles se plaignent, soit elles se défilent. J'espère vraiment que tu finiras par trouver, parce que je me doute que c'est usant à tous les niveaux :-( plein de courage ma belle, je te fais de gs bisous et suis avec toi dans ce combat <3

mVmHmE 28/04/2015 11:03

Viens on va les gifler à deux les auxiliaires ! :) Malheureusement, non, elles ignorent (ou font semblant d'ignorer) les conséquences de leurs actes. Je ne suis pas leur souci ! Ce qu'elles veulent, c'est juste un boulot pas trop compliqué ni trop contraignant. Seulement, le métier qu'elles font par définition est contraignant : cherchez l'erreur ! Merci beaucoup de tes encouragements, je sais que tu me comprends Delphine. Je t'envoie également plein de courage et de soutien. Je t'embrasse :)